À propos

a window is a window is a window
Le secret caché, ou pas.
If, and only if, a window is a window is a window, « alors »:
Window a1
Elle a un secret qui ne se voit pas, et pour ceux, rares, qui ont pu l’observer à l’aide d’outils intrusifs, ils n’ont pu que déduire qu’elle n’y verrait jamais rien au centre. Les pauvres ne pouvaient rien en savoir de plus, puisqu’ils savaient déjà tout ce qu’il y avait à en savoir, rien à découvrir ici, à peine la plaindre.
Et pourtant, elle, a toujours su. Que c’est de cette tâche noire qu’elle voyait le plus. En plein milieu de la vision de son œil droit. Quelques légendes maternelles parlèrent longtemps d’une ire fraternelle dont elle réchappa morte ou vivante ou les deux.
Et pourtant elle a toujours vu bien plus de cette tâche que de l’autre, sans pouvoir exactement décrire, les mots ont été effacés depuis longtemps déjà, les retrouver, elle a bien essayé, en vain. Quelques-uns étaient revenus, tous plus isolés les uns que les autres, sans lien apparent, sans raisons, sans réification naturelle observable de l’œil qui peut dire.
Quand elle ferme les deux yeux, c’est là que la tâche fait perdre le contrôle à l’autre. C’est là qu’elle « voit »
elle voit l’horloge passer de 19h59 à 20h00, elle voit le corps d’un bébé se soulever de sa première respiration, elle voit quatre pieds qui n’en font qu’un dans un Tango endiablé, elle voit le fleuve couler toujours dans le même sens, elle voit les fourmis humaines dans leurs terriers, elle voit Isis et Osiris se faire renverser, elle voit un temple éclairé d’à peine un flambeau, elle voit les murs du temple se ramollir, elle voit les façades de la CPAM d’Ille-et-Vilaine de Rennes au 7 cour des Aliiés devenir aussi fragiles que du carton et absorber les vibrations de rotation de la planète, elle voit la chapelle Saint Yves du 11 rue Saint Yves de Rennes se soulever péniblement mais sûrement de terre, amarre encore attachée et s’envoler pour rejoindre les aéronefs garés là-haut, elle voit toutes leurs amarres le long de la Vilaine et s’imaginerait bien grimper sur l’une d’entre elle juste pour voir jusqu’où elle peut aller, elle voit les feux intérieurs dans les sourires préfabriqués, elle voit les générations dans le mouvement d’une larme ou une goutte de sueur sur un front ou sur une joue, elle voit le jeu de tarot au sol se mélanger tout seul, elle voit chaque une des cartes sans pouvoir en décrire une seule, elle voit un atelier dans une usine désaffectée sans rien dedans qu’une pièce en hauteur sans escaliers, remplie de trucs et manuscrits en tous genres et tout au fonds une petite lumière et un bureau se redressant pour dessiner.
Elle voit tous les mouvements, mais ne peut en décrire aucun, les mots n’y peuvent rien.