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À propos

elle voit un atelier dans une usine désaffectée sans rien dedans qu’une pièce en hauteur sans escaliers,  remplie de trucs et manuscrits en tous genres et tout au fonds une petite lumière et un bureau se redressant pour dessiner.

a window is a window is a window

Le secret caché, ou pas.

If, and only if, a window is a window is a window, « alors »:

Window a1

Une personne en qui j’ai confiance, non pas aveuglément mais enfin assez pour l’entendre et de temps en temps « écouter », m’a dit que dans cette rubrique, « les gens » s’attendaient plutôt à lire une biographie. Ce qui m’a évidement chiffonnée. « Quoa? », pensais-je, « uen vulgaire explication linéaire de cette petite vie dont tout le monde se fout, surtout et y compris moua? ».

Non.

Elle ne s’en fout pas. Elle parle d’elle à la troisième personne parce que ça lui permet de moins se brûler l’oeil et demi qu’il lui reste, et par conséquence mathématiques et sans volonté de ménager quelque lecteur que ce soit, eux.

Elle ne s’en fout pas, mais elle en est incapable. Pour le moment tout au moins. Elle est née là, puis là, puis encore là, à telle date, puis à telle date, puis retour, puis triple lutz piqué pour se retrouver à équidistance de deux points géographiques qui n’ont apparemment aucun lien entre eux.

Des images, à peine des couleurs. Les sons, oh oui, trop. Elle les laisse de l’autre côté du nuage pour l’instant. Tout juste quelques phrases maternelles qui émergent de temps en temps pour lui rappeler qu’elle n’a aucune place nul part.

Et c’est bien sa chance. Elle le sait depuis tout ces temps. La digestion est longue, la marinade prend des temps.

Elle arrive sur le cinquantième anniversaire calendairement grégorien, si elle ne s’abuse trop. Alors qu’aucun autre de ces évenements, à part un peut être, elle sent bien que celui-là va nécessiter pour le moins???

Elle a un secret qui ne se voit pas, et pour ceux, rares, qui ont pu l’observer à l’aide d’outils intrusifs, ils n’ont pu que déduire qu’elle n’y verrait jamais rien au centre. Les pauvres ne pouvaient rien en savoir de plus, puisqu’ils savaient déjà tout ce qu’il y avait à en savoir, rien à découvrir ici, à peine la plaindre.

Et pourtant, elle, a toujours su. Que c’est de cette tâche noire qu’elle voyait le plus. En plein milieu de la vision de son œil droit. Quelques légendes maternelles parlèrent longtemps d’une ire fraternelle dont elle réchappa morte ou vivante ou les deux.

Et pourtant elle a toujours vu bien plus de cette tâche que de l’autre, sans pouvoir exactement décrire, les mots ont été effacés depuis longtemps déjà, les retrouver, elle a bien essayé, en vain. Quelques-uns étaient revenus, tous plus isolés les uns que les autres, sans lien apparent, sans raisons, sans réification naturelle observable de l’œil qui peut dire.

Quand elle ferme les deux yeux, c’est là que la tâche fait perdre le contrôle à l’autre. C’est là qu’elle « voit »

elle voit l’horloge passer de 19h59 à 20h00, elle voit le corps d’un bébé se soulever de sa première respiration, elle voit quatre pieds qui n’en font qu’un dans un Tango endiablé, elle voit le fleuve couler toujours dans le même sens, elle voit les fourmis humaines dans leurs terriers, elle voit Isis et Osiris se faire renverser, elle voit un temple éclairé d’à peine un flambeau, elle voit les murs du temple se ramollir, elle voit les façades de la CPAM d’Ille-et-Vilaine de Rennes au 7 cour des Aliiés devenir aussi fragiles que du carton et absorber les vibrations de rotation de la planète, elle voit la chapelle Saint Yves du 11 rue Saint Yves de Rennes se soulever péniblement mais sûrement de terre, amarre encore attachée et s’envoler pour rejoindre les aéronefs garés là-haut, elle voit toutes leurs amarres le long de la Vilaine et s’imaginerait bien grimper sur l’une d’entre elle juste pour voir jusqu’où elle peut aller, elle voit les feux intérieurs dans les sourires préfabriqués, elle voit les générations dans le mouvement d’une larme ou une goutte de sueur sur un front ou sur une joue, elle voit le jeu de tarot au sol se mélanger tout seul, elle voit chaque une des cartes sans pouvoir en décrire une seule, elle voit un atelier dans une usine désaffectée sans rien dedans qu’une pièce en hauteur sans escaliers,  remplie de trucs et manuscrits en tous genres et tout au fonds une petite lumière et un bureau se redressant pour dessiner.

Elle voit tous les mouvements, mais ne peut en décrire aucun, les mots n’y peuvent rien.