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Le petit chat n’est pas mort. (double fulgure)

Je ne vais pas pouvoir en profiter pour l’écrire. Dommage. J’avais pourtant commencé un texte solide dans ses repères réalistes, pleins de descriptions d’endroits et d’envers, de prise d’heure à la minute, de tentative de décollement des syllabes pour aller trifouiller et me mettre plein de cambouis de sens sur les doigts. J’ai toujours été très douée pour démonter. Mais pour remonter, adressez-vous ailleurs. Ainsi, je dispose d’un atelier mental plein de bouts de mécanismes dont je ne me souviens plus trop la provenance pour la plupart d’entre eux, n’ayant jamais réussi à attraper ce qui pouvait bien faire sens à Autrui pour communiquer n’y ayant que peu d’attrait, je préférais de loin le démontage simple, tentant çà et là, en imitant maladroitement, jusqu’aux épuisements, logiques.

C’est un bord’el sans nom. Avec des morceaux de mots qui trainent partout. Des morceaux d’heures, des morceaux de jours, des morceaux de semaines, des morceaux d’années.

Mais toujours, toujours, une paillasse. Pour le repos. Pour m’enfuir loin. Le plus loin possible. Dans « les autres mondes ». Dès que j’avais atteint ce moment d’écœurement qui signale la faim d’un cycle d’engloutissements informationnels sauvagement incontrôlés. Avec le secret espoir que, là-bas, la digestion se ferait inconsciemment et que j’arriverai à en repêcher quelques morceaux à la conscience au réveil, un petit morceau de ce que je cherche, de ce qu’il me manque, et au meilleur des hasards, les deux en un. Las, jamais ce concours de circonstances n’est arrivé. Tout juste par moments illuminatoires, là un bâtiment à vocation mercantile en forme de croix aux dimensions célestes au vert très « tra-tra » dans un bain de lumière évangélique dans lequel je déambule avec excitation mais sans jamais vraiment comprendre ce que je fais là, ici un réseau souterrain plein de lumières à torches sans que je ne m’étonne de la consommation potentiellement mortelle desdites torches de l’oxygène nécessaire non seulement à ma vie mais à tous les PNJ présents, là-bas deux bâtiments collés à l’arête dans l’un desquels j’étais interdite, celui de la Cité, ne me laissant trop d’autres choix dans ce désert éternel que d’entrer dans le deuxième aux portes pour géant de contes pour enfants, etc. Eux aussi, j’en ai des morceaux empilés partout.

Et un écran. Depuis le premier que j’ai eu devant l’œil et demi qui me sert de fenêtre visuelle aux tribulations électriques des signaux de l’intérieur d’un corps que j’ai toujours su ne pas réussir à appréhender malgré l’apparente proximité, une fascination. Probablement très tôt. De cette génération qui est née avec sa standardisation.

Je suis totalement accroc aux images télévisuelles. Passant de la simple télévision à l’écran d’ordinateur avec une faim d’ogre, y dévorant tout ce que je pouvais sans distinction. Puis revenant à l’écran télévisuelle par miracle technologique, mais avec le pseudo-contrôle d’une application qui promet qu’il y a bien un sujet et un objet, dans cet ordre-là. Et plus encore, faire mes propres vidéos. C’est là, après la deuxième ou troisième, que j’ai vu, à syllabes désarticulées, l’impasse.

J’avais beau essayer de saisir l’unité minimale, elle finissait toujours par m’échapper. J’ai même essayé de lui tourner le dos, c’est là que je dois admettre croire en avoir été la plus proche, mais toujours sans jamais véritablement l’atteindre.

C’est que j’essayais de courir deux lièvres à la fois. Le réel et son image.

Je suis aujourd’hui bien fatiguée, au-delà des ridicules, dans la brume épaisse qui sépare deux mondes. Peut-être ai-je joué un peu trop lointemps. Cependant, j’ai toujours cru qu’une fois arrivée là, entre deux-mondes, je serai complètement irrécupérable. Alors même que je dois bien avouer que je suis en train d’écrire.

Re tour aux fulgu-res

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