Je aimerait être capable d’écrire sur la date du jour sans que ses feux intérieurs n’enflamment les cadres de lecture de cels et ceulles qui passeraient devant par inadvertance. Au-delà même de la date du jour, je prend cette date comme un exercice périlleux. El ai dressé une liste non-exhaustive de tous les rayons qu’el ai pu identifier depuis qu’el me suis levé, de bon mâtin. El crois savoir que la liste pourrait s’allonger à l’infini, et el n’ai plus envie de jouer à ce je-là.
Alors quoi cuisiner, et comment ?
Au milieu des rayons brûlants, el m’est occupé du potager. Maintenant qu’el les ai planté, el dois bien m’en occuper. Illes n’ont rien demandé, eulles. Et c’est parti pour au moins trois sceaux d’eau, au regard du non-changement de météo du jour. Avant huit heures, non pas pour respecter un quelconque arrêté préfectoral, mais parce qu’el sais bien pour l’avoir perçu que ce qu’elle a planté préfère cette heure à une plus tardive. Il y a deux plants de courgettes qui n’en finissent par de s’étendre, l’un d’entre eux a ployé sous le poids d’un pied de tomate cerise mal arrimé à son tuteur et planté bien trop près. Il faut dire que ce potager est un potager-école. Pour l’heure, il s’agit d’observer et de faire de son mieux. D’apprendre, par exemple, que si on laisse pourrir les fleurs de courgettes au bout des bébés-courgettes, els finissent par faire pourrir les bébés-courgettes. Ce matin, el en ai encore enlevé une, avec un peu moins de culpabilité, pusiqu’elle était un peu flétrie. Il fait plus coupable d’arracher quelque chose de beau que de moche. Même, voire surtout, pour el.
