Youri est métamicien depuis 3 paires d’ailes. Il n’a pas choisi, ses compétences l’ont amené là. De toute façon, ça fait bien largetemps que plus personne ne choisit.
Aunuitd’hui il récupère un artpenti. C’est l’éole qui lui a envoyé. Celle-là même qui l’a formé.
Un courant d’air souffle tout-à-blessure :
-Monsieur Youri ?
Youri tourne l’œil.
-Tu dois pas être bien vieux pour utiliser encore ce mot…
-Euh, non…je ne crois pas.
-Je m’appelle Youri, juste Youri.
-Je ne sais pas comment je m’appelle…
-C’est normal. Pourquoi tu crois qu’on t’a envoyé ici ?
-Je ne sais pas.
-Vraiment pas bien vieux…viens là. Passe moi la page 45. Là, dans le bouquin à droite.
Youri s’essuie les ailes. Il est déjà en avance, il n’avait pas besoin de lui. Mais il sait qu’on ne choisit pas, ce qui lui évite de se poser des questions absurdes.
-J’ai besoin de deux phrases.
La jeune âme ouvre le livre à la page 45 sans savoir pourquoi. Sans même se le demander.
-J’en fais quoi ?
-pose les là, sur l’atelier, et fais attention au mercure.
Elle découpe les phrases et les repose.
Youri jette un œil :
« Telle que les poètes la décrivent ou la suggèrent, telle que les peintres la dessine la femme au bain est introuvable dans nos campagnes. »
-Ok, pas mal pour une première.
« D’ailleurs l’image primitive, l’image de la baigneuse au lumineux reflet, est fausse. »
-Je te laisse la deuxième. Elle est parfaite pour commencer. Tu la prends et tu vas au fond, là bas, je t’ai préparé un atelier pour toi.
Elle prend la phrase et s’efforce d’aller au fond sans se laisser traîner.
-Ne t’inquiètes pas, tu te solidifieras plus vite que tu ne crois.