Un match de hand-ball universitaire. Deux équipes de niveau inégale. Tout le monde sait qui va perdre.
Une énième remise en jeu, pour un énième but. L’arbitre va siffler la remise en jeu. Le demi, tête basse, corps en sueur des efforts répétés, serre la balle de ses deux mains. Puis juste avant le coup de sifflet, relève la tête, regarde collègues et prononce, à peu de choses près, cette phrase :
« -woh !?»
Quelque chose en écho de cette syllabe parcourt la salle, comme une vibration venant de l’intérieur du joueur, comme trop grande pour y rester. Les têtes se relèvent au fur et à mesure que la vibration leur parvient, jusqu’aux spectatrices, peu nombreuses, qui étaient venus les soutenir sans espoir, juste pour faire « groupe ». J’étais là, je n’avais pas encore complètement renoncé à cette idée de « groupe ». Et heureusement, j’ai pu ressentir la vibration, qui ne m’était pas complètement inconnue. Et elle rebondissait et emplissait l’air comme en en chassant toute autre. Bientôt tout l’air de la salle était plein de celle qui tenait chaque un des joueurs entre eux et la balle, à l’exclusion de l’équipe d’en face. Non pas qu’elle les évitait, mais ils n’étaient comme pas branché sur elle. Et je voyais se dessiner des mouvements en couleurs. Entre eux et la balle et l’air. Ils étaient portés. Tant qu’ils étaient branchés, rien ne les arrêtait, en attaque ou en défense. L’équipe d’en face, au début, a essayé de résister, de comprendre comment faire pour rattraper cette balle qui maintenant les fuyait.
Et ils ont gagné. Et plus loin quelques semaines plus tard, ils ont gagné le championnat. Personne ne les attendait. Même pas eux avant que quelque chose ne sorte de l’intérieur de l’un d’entre eux. Qu’avait-il de plus ou de moins que les autres ? Rien.

Wouah !
ben ouè! connecté-ent?